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✨ Les réactions émotionnelles de l’adulte

J’ai envie d’aborder avec vous un thème auquel nous sommes tous confrontés : nos réactions émotionnelles. Les nôtres… et celles des autres.


Vous est-il déjà arrivé, après une crise de larmes ou un accès de colère, de vous dire :"C’était disproportionné…" ? D’avoir eu l’impression de réagir comme un enfant de 10 ans ? Ou encore d’observer des adultes se disputer comme deux enfants dans une cour d’école ?

En réalité, c’est profondément humain.


La façon dont nous nous construisons, enfants, dépend directement de l’environnement dans lequel nous évoluons. Lorsque nous sommes écoutés, encouragés, et que nos émotions peuvent s’exprimer librement et être accueillies, elles circulent… elles vivent… puis s’apaisent.

Mais lorsqu’une émotion — liée à une injustice, un rejet, une incompréhension — n’est ni entendue ni apaisée, elle ne disparaît pas. Elle se met en attente.


On pourrait l’imaginer comme une bulle suspendue dans le corps, contenant à la fois l’émotion, la situation… et l’âge auquel elle a été vécue.

Et ces bulles, nous en accumulons au fil du temps, souvent sans en avoir conscience.

Jusqu’au jour où…Un mot, un regard, une situation vient toucher l’une d’elles.

Alors la bulle éclate.

Et, l’espace d’un instant, nous revoilà à l’âge où cette émotion a été enfermée. Non pas parce que nous régressons…Mais parce que quelque chose en nous demande enfin à être entendu.

Ainsi, on peut avoir 64 ans…et ressentir, l’espace de quelques secondes ou quelques minutes, une émotion avec l’intensité d’un enfant de 12 ans.


Là où les choses se complexifient, c’est que cette bulle émotionnelle ne disparaît pas d’elle-même. Tant que la blessure initiale n’a pas été comprise, accueillie… elle continue de faire gonfler cette bulle.

Alors elle peut éclater, encore et encore. Parfois toute une vie.


Et on peut se retrouver dans l'incompréhension : pourquoi je réagis avec une telle intensité, pourquoi certaines situations semblent me faire replonger dans des réactions excessives ou immatures. Ou ne même pas s'en rendre compte parfois.


À force, lorsque ces réactions deviennent inconfortables, voire honteuses, il peut être tentant de ne plus les regarder en face. On cherche alors une explication à l’extérieur.

On désigne des responsables. Les déclencheurs, ceux qui viennent sans le vouloir faire éclater cette bulle, deviennent des coupables. Non pas forcément parce qu'ils ont fait quelque chose de mal, mais parce qu'ils ont touché la zone fragile.


Mais en réalité, ces déclencheurs ne font que révéler ce qui est déjà présent à l’intérieur.

Et c’est là que la perpétuation se crée.

Car en projetant sur l’autre une faute qui ne lui appartient pas ou pas entièrement, on peut venir, sans le vouloir, dupliquer sur les autres ses propres blessures. Créer chez lui une nouvelle bulle. Un nouvel espace de tension, de mémoire émotionnelle non apaisée.


Sur le moment, quand on remet la faute sur l'autre, cela peut donner l’impression d’un soulagement. Comme si la pression retombait.

Mais ce n’est qu’un apaisement temporaire. Là bulle d’origine est toujours là… intacte. Et désormais, une autre vient peut-être de naître ailleurs.


Ainsi, les émotions non accueillies voyagent. Elles se transmettent, se répondent, se réactivent d’une personne à l’autre…comme une chaîne invisible.


Lorsque l’on commence à aller à la rencontre de nos bulles d’émotions, de nos traumas, quelque chose change profondément. On cesse, peu à peu, de transmettre.

On interrompt la chaîne.


C’est un chemin qui demande du courage. Un vrai. Celui qui consiste à ne plus fuir ce qui remue à l’intérieur, à accepter de traverser ses propres tempêtes.

Ce n’est pas un chemin confortable.

Mais il y a quelque chose de profondément transformateur dans cette traversée.

Parce qu’en allant au cœur de vos tempêtes, vous découvrez que vous avez aussi le pouvoir de les apaiser. Pas en les étouffant. Pas en les niant ou en les rejetant. Mais en les accueillant, en les écoutant… jusqu’à ce qu’elles n’aient plus besoin de crier.


Car il ne faut pas se leurrer :on peut essayer d’enfouir ses émotions, de les cacher sous le tapis…elles continuent d’exister. Elles murmurent, puis elles grondent, puis parfois elles explosent.


Mais plus on apprend à apprivoiser ces mouvements intérieurs, plus le calme s’installe.

Un calme qui ne vient pas de l’absence de tempête…mais de notre capacité à naviguer dedans... et même au bout d'un moment, de notre capacité à apprécier ce mouvement.


Et peu à peu, quelque chose de subtil se transforme dans vos relations.

Moins vous portez de bulles en tension, moins vous les projetez sur les autres.

Et moins vous les projetez…moins celles des autres trouvent d’écho en vous.

Comme si votre espace intérieur devenait plus vaste, plus stable…moins accrocheur.


La clé, c'est de comprendre que ce chemin n’est pas là pour nous rendre parfaits…au contraire, il demande en premier lieu d’accepter que nous sommes humains, imparfaits, et que nous avons droit à l’erreur.

Et plus nous acceptons cette imperfection, plus nous laissons nos émotions vivre — dans le respect des autres, bien évidemment —plus nous réanimons une flamme qui vit en nous et que l’on a tendance à oublier : notre joie.


Parce que oui, s’autoriser à vivre ses états d’enfant, c’est aussi s’autoriser à vivre ceux que l’on met souvent, eux aussi, sous le tapis en devenant adulte :la joie, l’émerveillement, la spontanéité.

N’est-ce pas là, finalement, le vrai bonheur ?

 
 
 

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