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Hypersensible n'est pas Hyperfragile

Hypersensible ne veut pas dire Hyperfragile

Il y a une association qui est souvent faite entre sensibilité et fragilité.

Et bien j'ai une bonne nouvelle : être sensible ne veut pas dire être fragile.

L'hypersensible perçoit les choses de façon beaucoup plus intense. On pourrait comparer ça à la différence entre piquer la peau avec une aiguille ou y planter une épée (j'exagère un peu mais pour certains ce n'est pas loin de ce qui est).

Donc quand on regarde les choses sous cet angle, quand on compare celui qui grandit en prenant des coups d'épée avec ceux qui grandissent en se faisant piquer avec une aiguille, peut-on dire qu'il est plus fragile ?

Non. Ça veut dire que ses blessures sont plus profondes. Ça veut dire qu'il doit vivre en se forgeant dans un alliage assez costaud pour résister aux coups d'épée. Ça veut dire que pour lui, un coup d'aiguille n'est rien.

En réalité, les hypersensibles sont souvent amenés à développer une grande résistance.

Alors pourquoi on amalgame l'hypersensibilité à la fragilité ?

Parce que quand on se prend un coup d'épée, ça fait crier, ça fait pleurer. On n'a pas forcément le luxe de pouvoir retenir l'émotion comme on pourrait le faire avec un coup d'aiguille. L'hypersensible est donc souvent beaucoup plus expressif, à hauteur de la façon dont il ressent les choses.

Et quand tout ça se passe dans l'invisible, quand on ne regarde pas le pourquoi des pleurs et des cris mais qu'on compare seulement leur intensité, cela peut donner l'impression d'une fragilité.

Et c'est ainsi que la fragilité peut finir par naître.

Non pas de l'hypersensibilité elle-même… mais du regard et des étiquettes qu'on lui impose.

Imaginez que vous avez deux enfants en face de vous. Ils font face tous les deux aux mêmes circonstances. Mais l'un réagit plus intensément que l'autre : il pleure davantage, il met plus de temps à retrouver son calme.

Beaucoup de gens vont alors dire que celui qui pleure moins est plus fort. Et par contraste, celui qui pleure plus serait plus faible.

Ce n'est pas la réalité, mais c'est une idée qui peut s'ancrer peu à peu dans l'esprit de l'hypersensible.

À force d'être perçu comme faible, la croyance de l'être peut finir par s'installer dans sa pensée.

Comme pour toutes les étiquettes que l'on colle aux enfants. Dire d'un enfant qu'il est timide parce qu'il n'a pas envie d'entamer les conversations, ou parce que son approche est d'observer avant de s'engager, c'est lui ancrer la croyance qu'il est timide… alors qu'il a peut-être simplement une autre manière d'entrer en relation avec le monde.

Et comme le mental fait des liens de circonstance : on est plus émotif donc on est faible, on est plus émotif parce qu'on est hypersensible, donc l'hypersensible devient synonyme de fragile.

La fragilité associée à l'hypersensibilité est donc bien souvent une construction mentale. Elle n'est pas une réalité en soi.

Ce serait même parfois l'inverse. Porter des ressentis plus forts, plus lourds, c'est comme porter un sac à dos rempli de pierres pendant que d'autres portent un sac à dos rempli de plumes. L'hypersensibilité oblige souvent à devenir plus fort, plus résistant, plus endurant… et aussi plus conscient.

D'un point de vue spirituel, l'hypersensibilité est liée à des perceptions plus profondes du monde qui nous entoure. Là où certains voient simplement la couverture du livre de la vie, l'hypersensible en perçoit l'histoire.

Ce sont une multitude d'informations supplémentaires qui sont ressenties : une perception de ce qui cloche en profondeur, même lorsque, en surface, rien ne semble visible.

C'est le chemin qu'emprunte le vent sur la peau, et la façon dont il fait réagir chaque poil, chaque pore… pendant que d'autres ne sentent qu'une légère caresse.

Alors oui, l'hypersensibilité rend souvent plus expressif : dans les gestes, dans les paroles, et dans les émotions. Mais être expressif ne veut pas dire être fragile. Cela veut simplement dire que l'on exprime à la hauteur de ce que l'on ressent.

La fragilité, elle, existe parfois chez les hypersensibles, comme chez tout le monde. Mais c'est avant tout un état intérieur.

Et bien souvent, la fragilité associée à l'hypersensibilité vient surtout de la croyance que les deux sont liées. Quand cette croyance se dissout, il ne reste qu'une chose : un fonctionnement plus intense.

Et lorsque l'on enlève le jugement posé sur l'expression des émotions, il ne reste plus qu'une chose encore… l'expression naturelle de la profondeur du ressenti. 🌿

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